Kayiti,maisons pour Haiti

Kayiti,maisons pour Haiti

lettre info n°2 du 23 avril 2010

LETTRE  N°2

 

Bonjour à tous, famille, amis...

 

Nous sommes de retour d’Haïti depuis trois semaines. Comme promis, voici des nouvelles du pays et de notre action en tant que représentants de l’association KAYITI.

Tout d’abord, une sorte de rapport-reportage de voyage en zone rurale, du côté de Jacmel, que nous avons reçu dernièrement de F. Apollin qui dirige les opérations de notre partenaire AVSF : avec sa permission, veuillez le trouver en pièce jointe (PDF). La maison prototype y apparaît dans les dernières pages.

La reconstruction en grand n’a pas vraiment commencé, mais beaucoup d’idées et de forces sont impatientes à s’y consacrer. Il y a aussi un sentiment général sous-jacent de peine ou de chagrin, inexprimé le plus souvent : la douleur est muette, c’est ainsi qu’elle finit par passer...

Beaucoup de demandes d’aide sont sans réponse du tout, et les autres sont encore dans l’attente, à cause des lenteurs des bailleurs de fonds à débloquer l’argent et des autorités à prendre des décisions. Mais dans la région de Jacmel où nos partenaires (rappel : AVSF et CROSE, Agronomes & vétérinaires sans frontières, et Coordination régionale des organisations de Sud-Est) nous font intervenir, de nombreuses actions sont en cours avec les moyens limités des familles et des organisations, en attendant – ou plutôt sans attendre – la venue des fonds.

 

Ainsi, nous avons pu rencontrer une bonne équipe de maçons et plusieurs charpentiers, et avec eux construire la maison prototype. Elle mesure 6m sur 3,60m, environ 25m², plus une galerie de 1,50m en façade ; elle comprend deux pièces séparées par une cloison, deux portes, trois fenêtres, un plafond rampant et des ventilations. La toilette est à l’écart, à l’extérieur. La cuisine se fait – nous sommes à la campagne  – en extérieur sous un abri séparé. En 7 jours, nous avons donc passé toutes les étapes de la construction, depuis la fouille de terrassement, la maçonnerie du socle, en passant par la fabrication sur place des panneaux, leur pose et celle de la charpente, jusqu’à la toiture ; les dernières tôles et les peintures ayant été faites après notre départ. Pour chaque geste technique nous avons voulu comprendre les habitudes de travail des artisans (les « boss ») et la façon dont les maisons sont habitées, et indiquer une solution moderne et adaptée.

Notre objectif était bien de proposer des maisons durables et agréables à vivre, relativement bon marché ; un second objectif s’est précisé, puis imposé : entraîner la création d’une filière de contruction de maisons (et autres petits bâtiments) , avec des emplois durables eux aussi.

 

Nos partenaires nous ont renvoyé des réponses positives, voire très positives, mais il faut réduire le coût de la maison, essentiellement en ce qui concerne les bois. De notre côté, nous ne voulons pas que ce programme se contente, pour les toitures, de la tôle actuellement disponible, pas chère mais pas résistante. Bref, nous travaillons à améliorer le modèle et à le faire certifier. Nos partenaires tablent sur le financement prochain d’une centaine de maisons et envisagent des demandes de financement pour plusieurs centaines.

 

Nous avons travaillé aussi au système de formation et de préfabrication. Ce sera le coeur du programme dans l’avenir. Imaginons deux ou trois grandes zones de construction, chacune pourvue d’un atelier où se fabriqueront des maisons en kits, par des équipes travaillant avec précision et dans les temps, pendant que d’autres équipes s’occuperont des socles en béton, d’autres de la pose... un modèle semi-industriel. Nous parlons là de plus de mille mètres-cubes de bois à travailler sur trois ans ! Ce qu’il faut pour répondre à une petite partie des besoins dans le seul milieu rural. Ce programme trouverait là son identité, et il pourrait durer.

Il faut donc dès à présent s’assurer de la quantité et de la qualité des bois à importer. En fait ce sera là le facteur limitant, car les gens et les organisations sont là. Les ruptures d’approvisionnement causent bien plus que des retards : des désillusions, de la démobilisation, voire des conflits. Mais nous balbutions. Nous souhaiterions avoir l’aide de gens compétents et disponibles pour débrouiller cette question, nous aider, nous et nos partenaires, à monter le système d’approvisionnement, en prenant appui sur des entreprises de négoce de bois à Port-au-Prince (ou Jacmel ?). Dans les mois et années qui viennent, la demande de bois deviendra très concurrentielle.

 

Voilà où nous en sommes : le programme est en voie de lancement. Il devrait démarrer fin juin par la construction des ateliers. (Nous ne pouvons répondre à des demandes individuelles, malheureusement).

Actuellement nous recherchons des compétences dans les domaines suivants :

- fabrication de clips (de formation), à partir d’images de synthèse, dessins ou photos

- importation et livraison de bois et contreplaqués, traités classe 3, traçables

- importation et livraison de tôle bac galvanisée épaisseur ≤65/100

- un architecte pour la conception d’un centre culturel (particulièrement dédié à la jeunesse).

Pour l’instant, KAYITI ne s’occupe pas de rechercher des financements institutionnels et accepte les actions bénévoles et les dons.

Nous accueillerons vos initiatives - et aussi dans le domaine culturel, car la culture est résistance - et répondrons à vos questions.

 

Espérant vous avoir présenté un tableau réaliste, nous vous tiendrons informés des développements de l’action de KAYITI.

Merci de votre intérêt, de votre fidélité. A bientôt ?

 

François et Régis, représentants de KAYITI.



08/03/2013
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